BD bruxelloise

Publié le par Joan

Un rêve de pierre et de papier
Depuis dix ans, il existe à Bruxelles un Musée d'un genre particulier, puisqu'il est entièrement dédié à la bande dessinée dans tous ses aspects. Créé par un petit groupe de fans de la BD belge (celle-ci compte quelques fleurons comme Tintin, les Schtroumpfs, Spirou, Lucky Luke, Gaston Lagaffe, Blake et Mortimer...), le Musée a pu se déployer dans un bâtiment remarquable. Il s'agit d'un ancien grand magasin construit en 1906 par l'architecte belge Victor Horta, éminent représentant de l'Art nouveau en Belgique. Son péristyle au subtil éclairage zénithal débouche sur un magnifique escalier monumental qui confère à l'ensemble un côté "classe" sans être pompeux et donne aux "comics" une amusante respectabilité.

BD et animation
Sur 4.200 mètres carrés et trois étages, le Musée permet aux collections de se déployer : planches originales, esquisses, ayant appartenu aux dessinateurs, reconstitutions diverses,...

Une section du musée ("la BD en mouvement"), 
est entièrement dévolue au cinéma d'animation et plus particulièrement aux adaptations de BD en dessins animés. La visite commence par une ligne du temps envisageant décennie par décennie les grandes étapes du cinéma d'animation mondial. Après un bref clin d'oeil à Winsor Mc Cay (lui aussi très "Art nouveau", il est fort populaire parmi les spécialistes de la BD en Belgique), la visite se poursuit par une série de vitrines didactiques illustrant exemples à l'appui (nombreux dessins et décors originaux) les phases de réalisation d'un dessin animé. Un vrai banc titre, une vraie table de montage, divers objets et surtout une grande maquette complètent l'ensemble. Celle-ci représente non sans humour et de manière hyperréaliste la vie d'un petit studio d'animation belge, avant l'arrivée de l'ordinateur. Sous les traits des mannequins de dix centimètres (dus au talent de Martine Verlinden), les connaisseurs peuvent reconnaître au passage quelques figures du cinéma d'animation en Belgique.

 

Des collections uniques au monde
Outre cette section "la BD en mouvement", le Centre compte sept expositions permanentes dont "le Musée de l'imaginaire" (dédié aux sources d'inspiration de Tintin, avec une scénographie très réussie - cf. les reproductions de la statuette à l'oreille cassée, les portraits des aïeux du capitaine Haddock, etc...), "le Musée de la BD moderne", "le Trésor des dessins originaux" (tous les grands auteurs y sont représentés).

Les collections de planches du Musée, exposées dans des conditions optimales de conservation, sont particulièrement riches, de nombreux auteurs, connus ou pas, ayant fait don d'originaux. C'est le cas du cinéaste  Patrice Leconte dont on ignore souvent qu'il fut d'abord un dessinateur de BD pour le magazine "Pilote" avant de devenir le réalisateur que l'on sait.

Le Centre a recensé en Belgique pas moins de 650 auteurs (professionnels), ce qui équivaut pour un pays de 10 millions d'habitants à la plus forte densité de dessinateurs au kilomètre carré.

Un "parcours BD"
Le Centre de la BD est aussi à l'origine d'une initiative originale, avec les autorités urbanistiques de la ville : le "Parcours BD" vise à décorer les pignons de certains bâtiments du centre de la ville de peintures murales originales, conçues par les dessinateurs de BD belges actuels.

Centre Belge de la Bande Dessinée
Bruxelles, 20 rue des Sables

Ne pas hésiter à chîner dans le quartier des bouquinistes de Bruxelles (quartier autour du Manneken Pis) pour y dénicher des albums du début des années 60, très "ligne claire". Il y a un culte de la découverte, les albums ne sont pas rangés.

Enfin, une dernière petite adresse : un super restaurant très convivial en face du Musée où la spécialité est étonnante puisqu'il s'agit de spaghettis belges, servis avec une bonne bière.

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